Musée du Parfum à Marrakech : Immersion dans l'histoire olfactive passionnante du Maroc

Musée du Parfum à Marrakech : Immersion dans l'histoire olfactive passionnante du Maroc

Musée du Parfum à Marrakech / Crédit photo: MAP

Situé dans un Riad édifié au 19è siècle en plein cœur de l'ancienne médina de Marrakech, le Musée du Parfum se veut un lieu magique où l'immersion au coeur de l'histoire olfactive passionnante du Maroc est pleinement garantie, en offrant l'opportunité singulière aux passionnés des senteurs à venir nombreux découvrir un univers sensible où, les sens sont, à la fois, divinement chatouillés et éveillés.

Dans un contraste apaisant et saisissant avec l’agitation ambiante qui règne dans les différentes ruelles de l’ancienne médina, le Musée du Parfum est un havre de paix et de quiétude. Une fois la porte d’entrée franchie, le visiteur se trouve majestueusement emporté dans un silence pesant où, se mêlent en toute subtilité, beauté, fraîcheur et authenticité de ce superbe Riad restauré en 2006.

Un petit jardin arboré accueille, à bras ouverts, les visiteurs aussi bien avertis que ceux curieux en quête d’une meilleure découverte de cette facette cachée du patrimoine marocain. De la distillation à la mise en flacon en passant par la composition à l’orgue à parfum, les espaces de cette structure muséale tracent les différentes étapes de tout le processus de transformation des matières premières entrant directement dans la composition des parfums, des produits cosmétiques ou encore, ceux du soin du corps et du bien-être. Il s’agit sans nul conteste d’une véritable plongée au coeur de l’univers du parfum et des fragrances.

« Le Musée du Parfum est un lieu où les gens peuvent en une trentaine de minutes seulement faire le tour des salles et apprendre l’essentiel sur le parcours que traversent les matières premières jusqu’à ce qu’ils deviennent des parfums mis en flacons », a déclaré à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP, M. Abderrazak Benchaâbane, spécialiste en écologie et ethnobotanique et créateur de parfums.

La visite de cet édifice digne des contes des mille et une nuits commence au premier étage, où, une salle est consacrée à la fabrication de l’huile d’argan, une autre à la distillation et une troisième enjolivée grâce à de lourds rideaux s’ouvrant sur une pièce baignée dans l’ombre et un univers de senteurs variées… Une expérience magique qui suscite joie et émerveillement.

Au rez-de-chaussée, le visiteur se trouve le plus souvent convié à sentir des essences variées. L’arbre à encens le plonge aux cœurs des traditions odorantes les plus singulières, où, l’utilisation de la flore marocaine dans l’art du parfum est à l’honneur, le tout dans une véritable célébration des aromathérapies et des traditions olfactives marocaines.

« Cette structure muséale permet de prendre connaissance et de mieux s’informer sur les traditions olfactives marocaines et surtout, de mettre en valeur le patrimoine olfactif du Royaume, très reconnu dans le monde de la parfumerie à l’échelle internationale, d’autant que le Royaume est parmi les grands exportateurs des matières premières pour la haute parfumerie, essentiellement en Europe et aux États-Unis », a expliqué M. Benchaâbane.

Également auteur d’un ouvrage dédié au monde des senteurs, intitulé : « Le livre du parfum : Sur le chemin du sacré au profane », M. Benchaâbane n’a pas manqué, par ailleurs, de déplorer le fait que très peu de gens savent que le Maroc dispose d’une véritable richesse olfactive.

Après une tournée et dans une ambiance agrémentée de fragrances, le visiteur se rend au Comptoir à parfum, où les curieux aussi bien que les connaisseurs ont la possibilité de créer leur propre parfum sur mesure.

A travers les Soliflores composés d’une seule note, les amateurs épris de senteurs peuvent, sous la supervision d’un guide, composer leur parfum ou leur huile parfumée, selon leurs désirs et à leur image et convenance.

Une aventure, hors pair, à même d’éveiller l’imagination « aromatique » de plusieurs visiteurs, qui prennent le plaisir d’errer via une multitude de ruelles de l’ancienne médina le temps de pouvoir enfin, vivre cette expérience olfactive inédite, qui lève le voile sur cette composante du patrimoine matériel marocain ancestral.

« Le musée jouit d’un succès d’estime », s’est félicité avec modestie M. Benchaâbane aussi, créateur du parfum « Soir de Marrakech » qui a intégré en 2013 l’Osmothèque de Versailles, considéré comme l’unique conservatoire traçant l’histoire de la parfumerie.

« J’ai créé un musée intime et je veux qu’il maintient son caractère de lieu de charme et de calme », a-t-il affirmé, estimant que cette structure muséale contribue à faire découvrir aux visiteurs tant nationaux qu’étrangers une facette jusque-là, peu connue du patrimoine matériel du Maroc : ses senteurs et ses essences.

En effet, le musée constitue une vitrine exceptionnelle du savoir-faire marocain en matière de parfumerie, dont il œuvre à assurer la promotion, à travers l’organisation d’ateliers dédiés aux enfants pour leur dévoiler l’ensemble des fragrances et la vie secrète des plantes, tout en les initiant à l’art de la parfumerie, afin d’éveiller et de développer leur éducation olfactive.

A la fois ludique et pédagogique, la visite se termine au point de départ, au petit jardin arboré. Sur le mur de ce jardin, le visiteur découvre une citation du célèbre écrivain français, Marcel Proust : « Le parfum reste la forme la plus tenace du souvenir », le beau souvenir d’une ville impériale et d’un pays millénaire, de leurs senteurs et de leur richesse et diversité patrimoniales si rarissimes de par le monde.

 

MAP / Omar Er-rouch